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Richard Barber (1999)

Bestiary: being an English version of the Bodleian library, Oxford MS Bodley 764: with all the original miniatures reproduced in facsimile. Translated and introduced by Richard BARBER

Woodbridge, Boydell Press, 2. ed. (ISBN: 0-85115-329-1 (hardback), 0-85115-753-X (paperback)).

La troisième édition de ce livre, paru en 1992 mais non recensé dans ces colonnes, nous donne l'occasion de le présenter brièvement. Il s'agit pour l'essentiel de la traduction anglaise d'un des bestiaires très développés qui caractérisent la tradition insulaire issue du Physiologus. Le ms. Oxford, BL, Bodl. 764 est un représentant de la "seconde famille" du Bestiaire (selon la division introduite par M.R. James et affinée depuis), réalisé au milieu du XIIIe siècle, sans doute pour la famille noble des Monhaut, dans les marches anglaises du Pays de Galles. Il est superbement illustré, chacune de ses 134 notices étant pourvue d'une vignette polychrome, dans un style postérieur de deux ou trois décennies au fameux bestiaire Ashmole 1511 de la BL d'Oxford, souvent reproduit. C'est assurément un témoin de premier rang pour la connaissance de la symbolique animalière du Moyen Age central, et l'on ne peut qu'approuver l'idée de le rendre accessible à un public plus large, d'autant plus qu'il n'existe toujours pas d'édition de la 2e famille du Bestiaire.

L'enthousiasme de principe se tempère à l'examen. Les neuf pages d'introduction, sans notes ni bibliographie, sont rédigées dans un style léger, censé adapté à un lectorat non prévenu. Est-ce une raison pour y glisser des affirmations générales pour le moins sujettes à caution, voire des inexactitudes ? Ainsi, à propos du Physiologus gréco-chrétien, que l'a. situe "at some time between the second and the fifth centuries AD", alors que la critique est à présent d'accord pour le situer au IIe siècle, il est affirmé: "The inheritance of the Classical world was, so to speak, frozen, or rather preserved in a kind of Christian aspic, until the Renaissance; the recorded habits of the beasts were fixed as unwavering traditions, and only the commentary varied" (p. 9). Certes, l'image d'une connaissance mise en aspic peut mettre le public en appétit, mais la phrase est de nature à réveiller des monstres: la conception d'un Moyen Age immobile en matière de sciences naturelles, que depuis deux ou trois générations, les médiévistes s'appliquent à combattre au moyen de travaux approfondis. Au registre des inexactitudes, il suffira de citer la caractérisation de Raban Maur et d'Isidore de Séville, dont les encyclopédies ont nourri la tradition des bestiaires: "Rabanus was a German monk who wrote at the end of the eight century, and he in turn owed much to Isidore of Seville's great encyclopedia called Etymologies, written in the sixth century." (p. 8). Le "moine allemand" (qui a été, accessoirement sans doute, abbé de Fulda et archevêque de Mayence) a rédigé son œuvre dans les années 840, tandis que les Etymologies se situent vers la fin de l'activité d'Isidore, qui meurt en 636. On l'aura compris, le chercheur aura tout avantage à passer rapidement l'introduction, qui ne rend par ailleurs qu'un service de qualité douteuse au grand public.

Quant à la traduction anglaise, il nous faut mettre le doigt sur un autre défaut de l'ouvrage. Ce n'est pas une traduction intégrale, mais divers passages ont été coupés, dans le but avoué de préserver la mise en page du manuscrit… Comme l'a. le proclame dans l'introduction et comme il est répété en guise de publicité au dos de l'ouvrage, on a veillé à reproduire toutes les miniatures "to the same size and in the same place as in the original". Dès lors, la traduction en fait les frais, et une partie sensible des moralisations en est omise, ce qui fausse la compréhension du texte. Et ce, de façon d'autant plus dommageable, sans que la chose soit décelable dans le texte: à aucun endroit, des points de suspension ou quelque autre artifice de présentation n'avertissent le lecteur que le texte est coupé. Une telle pratique éditoriale est injustifiable.

Pour ce qui est des reproductions, on est assurément heureux d'avoir sous les yeux le cycle illustratif complet d'un long bestiaire, et c'est à notre avis un des principaux avantages du livre. Encore les couleurs sont-elles assez sombres, l'or paraissant le plus souvent terne, voire verdi, ce qui nous fait douter de la qualité des prises de vue. Enfin, pour ce qui est de la mise en page vantée en préliminaire, on s'étonne de la disposition du texte, imprimé quasi jusqu'au fond de la marge de reliure, ce qui oblige le lecteur à se livrer à une incessante gymnastique pour lire la fin des lignes, ou à soumettre le volume à des torsions barbares. Fallait-il à tout prix rééditer ce livre ?

Baudouin VAN DEN ABEELE

by Bibuser last modified 2008-04-26 18:26
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